lundi 7 janvier 2019

[ENTRETIEN] LUZ, HOMMAGE INDÉLÉBILE

Le dessinateur raconte ses années Charlie dans un livre poignant. On y entend les blagues et les rires de Charb, Tignous, Cabu et des autres. Quatre années ont passé depuis le drame. Le rire en sort vainqueur. Rencontre.
Quatre ans après le drame de Charlie, comment vous sentez-vous ?
Le temps fait son œuvre. Je me reconstruis comme d’autres victimes d’attentat, comme ceux qui vivent un deuil ou encore un licenciement ou une déflagration qui peut avoir de multiples visages. C’est vrai que c’est assez rare d’enterrer huit de vos amis en même temps. C’est assez rare également que les médias vous confisquent le deuil. Mais j’ai cette chance de pouvoir sortir ce que j’ai en moi par mon art, mes livres. Tous les boulots n’aident pas à se reconstruire. Il faut beaucoup de courage à ceux qui n’ont pas cette possibilité.
 JE RÊVE D’UNE COUVERTURE DE CHARB SUR LES GILETS JAUNES

Vous venez de sortir Indélébiles chez Futuropolis, un bel ouvrage, très drôle, très émouvant aussi. Vous y faites revivre vos collègues de Charlie Hebdo. Comment vous est venue l’idée de ce livre 
?
L’idée part d’un rêve ou d’un cauchemar : j’arrive dans la salle de rédaction, tout est normal, sauf que je suis en retard et ça, c’est interdit dans la presse : on n’arrive pas en retard le jour du bouclage. Je me réveille et je suis perdu. C’est le point de départ du livre. Ce rêve est une clé pour ouvrir la porte des souvenirs et du bouquin. Ils racontent vingt-trois ans de la vie d’un journal au cœur d’une époque qu’on a tous vécue, deux décennies de lutte contre le Front national, contre ceux qui remettent en cause les acquis sociaux ou la liberté de circulation des migrants, vingt-trois ans à batailler contre des pouvoirs iniques et à se marrer ! La grande victoire sur la vie, c’est de réussir à revoir leurs dessins sans avoir un pincement au cœur, d’en rire et de les imaginer dessinant aujourd’hui sur l’actualité. Je rêve d’une couverture de Charb sur les gilets jaunes.
Que pensez-vous de Charlie aujourd’hui ?
Charlie décryptait l’absurdité du monde. Il était utile de ce point de vue. Il m’a été utile, sinon je serais devenu maquettiste pour la fédération du PS d’Indre-et-Loire. J’ai eu de la chance, j’ai découvert Charlie Hebdo et je m’en suis sorti [rires]. C’était incroyable l’énergie que ces gens nous donnaient. 
Les dessins de Charb, de Tignous, de Cabu nous motivaient, moi mais aussi des gens, des syndicalistes qui travaillaient dans leur coin. On s’est tous investis en travaillant pour les corps intermédiaires, qui sont si mal traités en ce moment.
Mais je ne lis plus Charlie, même si je vois les couvertures dans les kiosques. Je ne peux plus parce que je vois les trous, il ressemble trop à ce qu’il était avant. Il y avait peut-être un enjeu à le modifier ? Je n’ai pas réussi à le faire lorsque j’étais encore là-bas. On a dit : « On ne va pas changer Charlie à cause des terroristes. » Il y avait peut-être un peu de déni là-dedans. Il aurait fallu se remettre en cause.
LUZ JL.BERTINI-FUTUROPOLISAlors quelle presse lisez-vous ?
Je ne lis plus beaucoup la presse. J’écoute plutôt la radio, et notamment la matinale de France Culture. Elle prend le temps de brasser l’actualité internationale, sociale et culturelle, c’est rare. Auparavant, j’écoutais France Info et je lisais la presse quotidienne avec la peur de rater l’information. Tout était bon à prendre. Ça peut paraître prétentieux mais il fallait être plus talentueux que l’actualité [rires]. Cabu était très en colère contre la prédominance du fait divers. Cette avidité pour le drame de proximité, c’est une plaie. Le vrai drame de proximité, c’est celui de ton voisin qui vient de perdre son boulot. On vit dans un monde économique mais l’information ne s’intéresse pas à cette microéconomie que sont l’individu et son travail.
Où vous situez-vous dans le paysage politique français ou mondial ?
Aujourd’hui, je m’intéresse davantage à l’actualité internationale et la personnalité politique dont je me sens le plus proche, c’est Bernie Sanders, à la gauche de la gauche démocrate américaine. Ici, en France, j’ai eu ma carte à la CNT [groupe anarcho-syndicaliste], je ne l’ai plus. C’étaient des mâles alpha qui faisaient des concours de bites entre eux, ça ne me correspondait pas. Dans le plat mijoté politique qu’il y a dans ma tête, j’ai été communiste libertaire, je suis plutôt à l’extrême gauche, plutôt dans la critique écologique… J’ai voté Mélenchon au premier tour et pas Le Pen au second. On ne me reprendra plus à voter Mélenchon. Son refus d’accepter sa défaite, son message de « ni l’un ni l’autre » au second tour l’a discrédité à tout jamais. C’est un socialiste mauvais joueur. Je suis plutôt un partisan de François Ruffin, c’est mon Bernie Sanders français à moi. Sinon, Hamon est plutôt sympathique mais il porte des chaussures avec des bouts carrés et on ne peut pas voter pour un type qui a des chaussures à bouts carrés [rires].
DANS CE QUI SE RÉPÈTE EN CE MOMENT, IL Y A DU VIEUX PATRIOTISME QUI SENT LA CHAUSSETTE.

Vous pourchassez la bêtise depuis longtemps. Qu’est-ce qui vous horripile aujourd’hui ?
Je vais me limiter à la société française, sinon on va se perdre [rires]. Quand je vivais à Tours, j’ai été adhérent du Scalp (les Sections carrément anti-Le Pen). Aujourd’hui, ce qui m’énerve, c’est toute cette bande de pleureuses à la Zemmour. Comment peut-on encore donner la parole à des gens pareils qui parce qu’ils mettent des points-virgules dans leurs textes paraissent cultivés, alors qu’ils sortent juste des vieilles rengaines maurassiennes ? La société n’apprend pas de son histoire. Dans ce qui se répète en ce moment, il y a du vieux patriotisme qui sent la chaussette. Je ne comprends pas non plus ces gens qui ont l’impression de faire la révolution en montant une start-up.
Quel regard portez-vous sur le syndicalisme ?
Je ne cherche pas à faire des différenciations entre les syndicats. Je n’ai jamais été encarté. Ce qui m’importe, c’est que le syndicalisme existe pour faire face à un président qui nous laisse croire qu’on est une start-up nation et qu’on travaille tous à la bonne marche de l’« entreprise France ». On a besoin de contre-pouvoir et la presse ne joue plus tellement ce rôle. Ce pourrait être des gens normaux comme les gilets jaunes. Macron a essayé de parler directement avec les gens. Les gilets jaunes ont dit : « Chiche ! » Mais leurs premiers mots ont été : « On t’emmerde. » En fait, Macron et les gilets jaunes ont besoin des corps intermédiaires pour renouer le dialogue.
Quels sont les auteurs de bandes dessinées et dessinateurs qui vous touchent ?
Je ne lis pas énormément de BD. Je relis Alberto Breccia, un dessinateur argentin publié dans les premiers Écho des savanes. C’est un peu sombre avec une expérimentation graphique étrange. Sinon, je trouve que Riad Sattouf a tout compris avec L’Arabe du futur, une manière incroyable de parler d’histoire, de géopolitique à travers les aventures d’un gosse. J’aime aussi beaucoup le dernier bouquin de Catherine Meurisse, Les Grands Espaces, un livre démentiel. Riad Sattouf donne envie de raconter des histoires et Catherine Meurisse de dessiner.
Quels sont vos projets ?
Je prépare un livre, Hollywood menteurs, chez Futuropolis pour le mois d’avril, sur le tournage du film Les Désaxés (avec Marilyn Monroe, Clark Gable et Montgomery Clift). Ce tournage a été très difficile, voire catastrophique et crépusculaire, ces trois comédiens sont morts peu de temps après le tournage. En y travaillant, quelque chose m’a marqué qui n’est pas sans rapport avec l’actualité, c’est le mouvement #MeToo. Je me suis rendu compte qu’on n’avait jamais vu Marilyn en colère, nulle part. Or, s’il y a quelqu’un qui aurait eu le droit de se mettre en colère et à redire sur la manière dont elle a été traitée par Hollywood et par les hommes, c’est bien Marilyn Monroe. Mon bouquin lui donne la parole et la montre en colère.
 Propos recueillis par dblain@cfdt.fr

Vœux 2019



La CFDT vous présente ses vœux pour 2019, que vos espoirs se réalisent !

mercredi 28 novembre 2018

Votez CFDT élections FPH




Votez et faites votez CFDT


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Toutes les voix sont importantes pour conforter notre organisation réformiste et démocrate.

Nous comptons sur vous !

lundi 26 novembre 2018

Élections Fonctions publiques 2018

Voter, pourquoi ?

Quel sens donner à des élections professionnelles dans la Fonction Publique, aujourd’hui ?…
Alors que la rigueur budgétaire pèse sur les rémunérations et les carrières, que la course à la productivité durcit les conditions de travail, et que le passage en force du politique met à mal le dialogue social, l’engagement dans un combat collectif devient plus difficile à assumer.
Il est tellement plus simple de se replier sur la défense des intérêts catégoriels voire individuels et de renoncer à défendre des idéaux communs, au motif que l’avenir ne peut plus rien apporter de bon…

voter CFDT voter Sgen-CFDTLe sens de l’action collective

Mais si l’on perd le sens de l’action collective, le risque est grand de voir s’attiser les conflits entre catégories de personnels. Faute de perspective de progrès collectifs, chacun·e peut être tenté·e d’améliorer sa situation aux dépens de celle des voisin·es, d’obtenir un avantage catégoriel plutôt que de rechercher la justice sociale, de préserver sa qualité de vie au travail sans considération pour celle de ses collègues.
À terme, c’est toute la communauté professionnelle de nos services publics qui perdra sa cohésion et risque de se défaire.

Voter CFDT, pourquoi ?

Voter CFDT, c’est rechercher l’équité entre les personnels, quels que soient leur catégorie ou leur statut, à rebours des égoïsmes corporatistes.
Voter CFDT, c’est exiger la reconnaissance du travail de toutes et de tous, d’en valoriser toutes les tâches, de rétribuer l’engagement de chacun·e, sans s’enfermer dans une vision dogmatique des métiers.
Voter CFDT, c’est croire en l’émancipation des salarié·es, qui doivent pouvoir trouver dans leur entreprise ou leur administration des possibilités de formation, de promotion, de mobilité, ainsi qu’un cadre d’expression pour agir sur leurs conditions de travail.
Voter CFDT, c’est oser dire qu’un·e salarié·e reste un·e citoyen·ne sur son lieu de travail, et que la défense des personnels n’est pas seulement la défense d’intérêts matériels, mais aussi la défense du droit d’exprimer des valeurs et des espérances dans l’exercice de son métier et l’accomplissement de sa mission.

Enfin, voter CFDT c’est soutenir un projet de transformation des services publics et de construction d’une société plus juste et plus démocratique. 

Du 29 novembre au 6 décembre* , votez CFDT 

*en fonction des dates définies par votre protocole local

mardi 20 novembre 2018

FACE AUX DISCRIMINATIONS ANTI-LGBT, AU TRAVAIL ET EN DEHORS, LA CFDT AFFICHE SES COULEURS


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Nous mettons en copie un lien permettant de consulter le guide sur la cybersécurité  des LGBT, voir ci-dessous

un guide important sur la cybersécurité des LGBT, qui a été récemment publié. Saviez-vous que 73% des LGBT ont déjà été harcelés en ligne à cause de leur orientation sexuelle ou de leur identité de genre ?

 Ce guide a pour objectif d’assurer leur sécurité en de leur donnant les outils nécessaires pour se protéger en ligne.  https://fr.vpnmentor.com/blog/la-plupart-des-lgbtq-se-font-harceler-en-ligne-voici-comment-rester-en-securite/


Nous vous invitons à consulter ce site :https://www.sos-homophobie.org

vous y trouverez entres autres le guide pratique 2018 dont le lien figure ci-dessous :

https://www.sos-homophobie.org/sites/default/files/guide_pratique_2018.pdf

mercredi 14 novembre 2018

[DOSSIER 2/2] CHOISIR DE SE FAIRE ACCOMPAGNER POUR SORTIR DE LA PAUVRETÉ

S’attaquer à la pauvreté nécessite de prendre en compte la diversité des parcours de vie. Associations, collectivités locales ou entreprises d’insertion s’y emploient. Une tâche difficile et éprouvante mais ô combien gratifiante quand les résultats sont au rendez-vous.
   
Cliquez sur la photo pour lire l’article
   
       

Secours catholique d’AngersDes aides financières pour débloquer des situations dramatiques
[REPORTAGE] Vous avez dit douceur angevine ? Et pourtant… 
Head SecoursCatholique

Association d’aide à domicileLes missions d’Adélaïde et Alda, travailleuses sociales
[RENCONTRE] « Comment ça va, le travail ? » Lorsque l’on pose cette question à Adélaïde Barambonès et Alda Gaultier, deux techniciennes de l’intervention sociale et familiale (TISF), elles parlent de « moyens insuffisants, de dispositifs non pérennes, […]

Head Alda Adelaide Lemoine


Mission locale Gier-Pilat dans la LoireLa première étape des 16-25 ans pour trouver un emploi
[TÉMOIGNAGES] Maylia et Muhamed, 20 ans, -Slimane, 21 ans. Point commun : ils ont trouvé un emploi dans l’année après avoir intégré le dispositif garantie jeunes, proposé par la mission locale Gier-Pilat […].
MissionLocale Gier Pilat


TAE, entreprise solidaireIci, les salariés en CDI peuvent enfin se projeter dans l’avenir
[REPORTAGE] « Repenser le modèle traditionnel de l’entreprise en faisant collaborer des personnes en situation de très grande précarité avec d’autres, désireuses de construire une économie plus solidaire et de vivre une aventure humaine unique, voilà notre objectif ! » […]
TAE CBadet Jef

POUR ALLER PLUS LOIN

jeudi 8 novembre 2018

GIPA 2018 : LE SIMULATEUR DE CALCUL DE LA CFDT

La CFDT Fonctions publiques vous propose un simulateur pour calculer votre GIPA 2018

gipa calculette
La GIPA est reconduite pour 2018 (période allant du 31 décembre 2013 au 31 décembre 2017). 
L'arrêté du 5 novembre 2018 fixe au titre de l'année 2018 les éléments à prendre en compte pour le calcul de l'indemnité de garantie individuelle du pouvoir d'achat (Gipa). Pour la période de référence du 31 décembre 2013 au 31 décembre 2017, le taux de l'inflation ainsi que les valeurs annuelles du point d’indice à prendre en compte sont les suivants :
  • taux de l'inflation : + 1,64 %
  • valeur moyenne du point d’indice en 2013 : 55,5635 euros
  • valeur moyenne du point d’indice en 2017 : 56,2044 euros.
La Gipa résulte d'une comparaison entre l'évolution du traitement indiciaire brut (TIB) détenu par l'agent sur une période de référence de quatre ans et celle de l'indice des prix à la consommation (hors tabac en moyenne annuelle) sur la même période. Si le TIB effectivement perçu par l'agent au terme de la période a évolué moins vite que l'inflation, un montant indemnitaire brut équivalent à la perte de pouvoir d'achat ainsi constatée est versé à chaque agent concerné. Il est calculé en fonction d'une formule prévue par le décret n° 2008-539 du 6 juin 2008.
Pour connaitre votre Gipa 2018, utilisez le simulateur de la CFDT. Il vous suffit d’indiquer vos indices figurant sur vos fiches de paie de décembre 2013 et 2017.
Cette année le nombre de bénéficiaires devrait être réduit. En effet, durant la période de référence, est intervenue l’augmentation de la valeur du point d’indice de 1,2 %, 0,6 % en juin 2016 et 0,6 % en février 2017 ainsi que les revalorisations des indices de PPCR et le transfert primes-points.
Par ailleurs, la CFDT est intervenue auprès de l’Administration de la Fonction publique pour que la Gipa soit versée avant le 31 décembre 2018 en raison du prélèvement à la source au 1er janvier 2019, 2018 étant une « année blanche » pour l’imposition des revenus. L’Administration a assuré qu’elle avait sensibilisé les employeurs à ce sujet.
La Gipa est soumise aux cotisations sociales (CSG, CRDS), au Rafp et à l’impôt sur le revenu (voir VOS DROITS).